Woman descending the Staircase

1965

Dès le début de cette pratique - et depuis plus de 50

ans maintenant - Richter a soigneusement consigné

                              toutes les photographies ayant nourri                                   et inspiré son travail de peintre dans un

                              recueil en plusieurs volumes qu'il a

                              baptisé "l'Atlas". Aujourd'hui riche de

                              milliers d'images disposées sur plus de

                              800 feuilles de grand format, cet im-

                              mense album photo a toujours été aux 

                              yeux de Richter aussi important que les                               oeuvres qu'il en a tirées. Au point que

                              dès 1972, alors que l'Atlas ne comptait que 315 images, il a décidé d'en exposer le contenu au même titre que ses peintures. Une opération maintes fois renouvelée depuis, comme pour inviter le public à pénétrer dans son univers et à contempler à son tour ces photos, banales ou sublimes, auxquelles il doit tant.

L'Allemand Gerhard Richter, qui compte parmi les artistes les plus importants du XXème et du XXIème siècle, a produit au fil de sa carrière une

oeuvre très hétérogène, allant de l'hyper-

réalisme le plus poussé à l'abstraction la

plus radicale. Mais ce qui l'a fait connaître,

dans les années 1960, ce sont les toiles

qu'il a qualifiées lui-même de "photo-

peintures". A partir de photographies -

issues de journaux ou de ses albums de

famille - Richter réalise des toiles de 

grand format reproduisant l'image origi-

nale avec, souvent, un effet de flou introduisant une distance avec la réalité comme avec la photographie elle-même. Une manière pour l'artiste de s'affranchir de la question du sujet et de son interprétation pour se concentrer uniquement sur son art: la peinture.

Mettre nos sources à l'honneur

Ce qu'on peut en retenir:

Nous avons tous des projets qui nous tiennent à cœur, des idées dont nous sommes fiers et qui nous ont été inspirées, de près ou de loin, par des concepts déjà existants. Révéler ces sources d'inspirations n'enlève rien à la valeur ni même à l'originalité de nos idées. Au contraire cela permet d'en définir les origines, et donc de mieux les faire comprendre et apprécier... tout en faisant preuve d'une saine humilité.  

Gerhard Richter

Gerhard Richter, Atlas, plate 13, 1964